Institut royal d'architecture du Canada

L’IRAC fait part de ses inquiétudes concernant la Maison Alcan

L’Institut royal d’architecture du Canada a émis un communiqué au sujet de la Maison Alcan aujourd’hui. Une lettre a été envoyé au Maire Coderre et à la Ministre de la culture et des communication Hélène David.

OTTAWA, le 30 Septembre 2015 – L’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) a appris qu’un promoteur se proposait de construire une tour de 30 étages sur le site de la Maison Alcan, ce qui aurait un impact majeur sur la nature et l’intégrité de cette réalisation architecturale remarquable tout autant que sur cette portion de la rue Sherbrooke dans le centre-ville de Montréal. Les projets d’architecture qui ont induit un changement de perception à l’échelle locale et nationale à l’égard d’un bâtiment sont rares, et la Maison Alcan est l’un de ces projets exceptionnels.

À la fin des années 1970, à une époque où l’on portait peu de respect pour les bâtiments existants et où la conception d’un nouveau siège social signifiait l’ajout d’une tour dans la ville, Ray Affleck de la firme Arcop Associates, et David Culver, président d’Alcan, ont conçu un projet qui intégrait les bâtiments existants à un ajout contemporain pour créer un ensemble harmonieux. Cette nouvelle approche – considérer le site comme faisant partie de la ville et de son tissu urbain et non pas comme un projet isolé – a donné lieu à une nouvelle place ouverte et accessible au public dans le quadrilatère urbain.

La Maison Alcan a amené les Montréalais et, à notre avis, les Canadiens dans leur ensemble, à mieux comprendre la valeur de leur patrimoine bâti. Elle leur a fait réaliser que l’architecture contemporaine peut contribuer positivement à ce patrimoine par une conception de grande qualité, adaptée aux réalités et à une échelle appropriée des sièges sociaux d’entreprises et des espaces civiques. Cela n’est pas étonnant de la part d’une société qui a fait preuve d’engagement en faveur de l’architecture en parrainant la série de conférences Alcan sur l’architecture de 1974 à 1992. Si la réalisation d’un bon projet repose sur un bon client et un bon architecte, on peut affirmer qu’Alcan était ce bon client.

Arcop était une firme bien établie lorsqu’elle a été approchée par Alcan pour ce projet. Elle comptait déjà à son actif certains projets parmi les plus importants des années 1960, dont la Place Ville-Marie et la Place des arts à Montréal, le Centre de la Confédération à Charlottetown et le Centre national des arts à Ottawa. La Maison Alcan représente une évolution dans l’expression architecturale de la firme, marquée par la réutilisation des bâtiments existants et un souci envers l’expérience des gens à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. Ray Affleck était pleinement conscient de la place occupée par la Maison Alcan sur la rue Sherbrooke et il savait comment les piétons comprendraient son intervention.

Dans ce contexte, l’IRAC ne voit aucune raison d’amender les règlements actuels pour autoriser l’ajout d’une tour commerciale à la Maison Alcan, menaçant ainsi son intégrité et sa valeur en tant que legs inspirant et de référence. Nous demandons la suspension de toute procédure en cours à cet effet. Nous demandons aussi que la Maison Alcan soit désignée, dans son ensemble, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec et que soient tenues des audiences indépendantes à cette fin.

 

AU SUJET DE L’IRAC

L’Institut royal d’architecture du Canada est une association nationale à adhésion volontaire qui représente 5 000 membres. L’IRAC plaide en faveur de l’excellence dans le cadre bâti, œuvre à démontrer comment la conception améliore la qualité de vie, et promeut une architecture responsable qui tient compte d’importantes questions de société.

 

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