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Durabilité et environnement bâtiL’environnement de notre planète est soumis à des agressions considérables. Cela, plus personne ne le conteste. Les activités humaines ont des incidences néfastes sur l’environnement et les bâtiments y comptent pour une large part. Ils utilisent la terre, érodent la biodiversité, consomment les ressources, génèrent des déchets, influent sur le débit de la circulation et contribuent à la pollution atmosphérique. Le Canada se classe derrière les États-Unis et certains pays d’Europe en ce qui concerne la conception de bâtiments « verts ». Tous les gouvernements doivent déterminent des objectifs de développement durable et mettre en place des incitatifs financiers ou économiques permettant de les atteindre. Le Canada doit quant à lui commencer à mesurer les progrès environnementaux, sociaux et économiques réalisés, ou, comme d’aucuns les nomment, les progrès qui se rapportent aux trois P : planète, personnes et prospérité. Les architectes ont un rôle crucial à jouer en matière de durabilité environnementale. Ils agissent comme conseillers pendant tout le déroulement d’un projet de construction. À titre de concepteurs de bâtiments et de collectivités, ils doivent satisfaire les besoins et les exigences des usagers, des promoteurs, des organismes de réglementation et des décideurs, tout en veillant à la protection de l’environnement. Ils se font les défenseurs du milieu naturel et s’assurent que toutes les étapes de la réalisation d’un projet, allant de la planification à la conception et de la construction à l’entretien, témoignent d’un respect de l’environnement. L’IRAC plaide activement en faveur de bâtiments « plus verts » et d’une architecture plus respectueuse de l’environnement. Cette section décrit la position de l’IRAC concernant les politiques publiques qui se répercutent sur la conception des bâtiments et donne aux architectes les outils qui les aideront à promouvoir des pratiques plus durables en matière de construction. Utiliser les systèmes d’évaluation
des bâtiments écologiques Améliorer le Code modèle
national de l’énergie pour les bâtiments Coûts du cycle de vie et gestion
du cycle de vie
Maisons à consommation énergétique
nette nulle Les municipalités doivent faciliter
la densification Transports Sources d’énergies de
remplacement et d’énergies renouvelables
Systèmes d’étiquetage
vert pour les produits de construction Déchets de construction Intégration d’un volet
santé à LEED® Canada Systèmes d’évaluation des bâtiments écologiquesLes systèmes d’évaluation des bâtiments écologiques pourraient être comparés à une carte de pointage ou à une fiche de rendement. Ces systèmes sont des outils qui permettent d’évaluer à quel point la conception, la construction et l’exploitation d’un bâtiment sont écologiques ou « vertes ». Parmi ces outils d’évaluation, mentionnons LEED® Canada, Green Globes et BREAAM. LEED® Canada utilise un système de pointage pour assigner des valeurs dans cinq catégories de performance :
Selon le total de points qu’il se mérite, un bâtiment sera classé dans l’une ou l’autre des catégories suivantes : certifié, argent, or ou platine. À l’heure actuelle, beaucoup d’organismes et de municipalités aux États-Unis et au Canada, ont adopté le système LEED® et exigent que tous les bâtiments qu’ils subventionnent répondent à une norme LEED® minimale. Ainsi :
L’IRAC incite tous les ordres de gouvernement, tous les propriétaires d’immeubles et tous les clients à exiger le respect de certains critères minimaux d’évaluation écologique pour tous leurs projets de construction, car l’adoption d’un système existant d’évaluation des bâtiments écologiques permet facilement de hausser la barre en matière de conception et de construction plus durables. Ce que les architectes peuvent faire :
Code modèle national de l’énergieL’Institut de recherche en construction du Conseil national de recherche du Canada (IRC-CNRC) publie des codes modèles pour adoption par les provinces et autres autorités de compétence au Canada. Deux de ces codes visent à aider à concevoir des bâtiments plus éconergétiques :
Malheureusement, la plupart des provinces ne les ont pas adoptés. En tenant compte des frais régionaux de construction, des coûts et des types de combustibles ainsi que des écarts climatiques régionaux, le CMNÉB vise à établir les exigences minimales pour les éléments qui déterminent l'efficacité énergétique des bâtiments. Outre des sections traitant de l'enveloppe du bâtiment et du chauffage de l'eau sanitaire, le CMNÉB fournit des renseignements détaillés sur les appareils d'éclairage, les installations de chauffage, de ventilation et de conditionnement d'air et l'énergie électrique de manière à vous aider à réaliser des économies d'énergie importantes. L’IRAC et d’autres organismes ont fait valoir que les exigences des Codes modèles nationaux de l’énergie existants n’étaient pas assez élevées et pourraient facilement être mises à jour pour tenir compte de la technologie et des normes actuelles. La Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies (CCCBPI) reconnaît que le CMNÉH et le CMNÉB sont périmés et a communiqué avec ses homologues provinciaux concernant la mise à jour de ces documents. Le groupe de travail de la BC Environmental Technology recommande que les questions de « l’efficacité énergétique et de l’utilisation efficace des ressources » fassent partie du Code national du bâtiment plutôt que de faire l’objet de codes distincts. Ce que les architectes peuvent faire :
Coûts du cycle de vieAu cours des dernières années, l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) et l’Association des ingénieurs-conseils du Canada (AICC) ont recommandé au gouvernement fédéral et à d’autres organismes d’inclure à leurs critères d’octroi de contrat les questions liées au coûts du cycle de vie. Voici un extrait d’un mémoire que les architectes et les ingénieurs ont présenté conjointement au gouvernement fédéral.
Par la suite, l’IRAC a élaboré un cours intitulé DDBC 201 Outils et techniques de construction durable : marketing, rentabilité du bâtiment et évaluation environnementale. Ce cours a sensibilisé les participants à l’importance du coût du cycle de vie et à la façon d’informer adéquatement leurs clients sur ce sujet. Il leur a également fait comprendre l’importance du coût du cycle de vie au regard de toutes les décisions de gestion et de conception. Tous les organismes responsables de l’octroi de contrats de construction, y compris tous les ordres de gouvernement, leurs agences et les corporations de la couronne, tout comme les promoteurs privés, devraient être encouragés à élaborer des programmes fonctionnels et des projets de construction en se fondant sur les principes de gestion du cycle de vie et à choisir des concepts et à octroyer des contrats de construction sur la base des coûts du cycle de vie et non seulement sur les coûts de construction initiaux. Ce que les architectes peuvent faire :
Construction résidentielleIl y a plusieurs années, l’Association canadienne des constructeurs d’habitations (ACCH) a agi comme chef de file en élaborant le populaire programme R-2000 pour les maisons neuves. Nombre de personnes reconnaissent toutefois que ce sont plutôt les maisons existantes, construites avant 1980, qui consomment la plus importante part de l’énergie résidentielle. C’est pourquoi il est essentiel d’améliorer l’efficacité énergétique de ces dernières et les gouvernements devraient instaurer des mesures incitatives à l’intention des propriétaires de maisons qui entreprennent les travaux d’amélioration éconergétique nécessaires. Par ailleurs, les maisons neuves consomment aujourd’hui environ 25 % moins d’énergie en moyenne que les maisons construites avant 1980 mais puisqu’elles sont de 16 à 18 % plus grosses et que de moins en moins de personnes les habitent, le résultat final démontre que nous avons fait peu de gains. En outre, il n’existe encore aucun système d’évaluation des bâtiments écologiques d’usage courant pour les concepteurs de maisons (à tout le moins pour la « Partie 9 » du Code) et il faudrait presser le Conseil du bâtiment durable du Canada d’accélérer l’élaboration de LEED® Habitation. Un tel programme pourrait inclure le programme R-2000. Finalement, les architectes devraient collaborer avec les constructeurs d’habitation, l’Association canadienne des constructeurs d’habitation et Ressources naturelles Canada (RNCan) au développement et à l’amélioration du programme R-2000. Enfin, les clients de toutes les habitations à logements multiples devraient exiger l’application des normes R-2000. Comme ils n’ont pas tendance à le faire, les promoteurs doivent être capables de démontrer à leurs clients la rentabilité des maisons et des habitations à logements multiples construits selon les normes R-2000. R-2000Le programme R-2000 a été créé en 1981 dans le cadre d’un partenariat entre l’Association canadienne des constructeurs d’habitation et Ressources naturelles Canada dans l’objectif d’instaurer cette [norme] dans le marché. La norme R-2000 a été officialisée, les constructeurs d’habitation ont reçu une formation sur de nouvelles techniques de conception et de construction et les consommateurs ont commencé à se renseigner sur ces maisons « mieux construites ». La norme R-2000 est une norme nationale à participation volontaire qui s’ajoute aux exigences des codes de construction et les dépasse. C’est une norme axée sur la performance. Elle établit des critères sur la performance que doit avoir une maison plutôt que de préciser exactement comment elle doit être construite. Le constructeur est libre de choisir l’approche qui lui semble la meilleure et la plus rentable pour chaque maison – techniques de construction, produits de construction, équipement mécanique, éclairage et appareils électroménagers. Un des plus importants aspects de la norme est la consommation d’énergie liée au chauffage de la maison et de l’eau. L’objectif énergétique est établi pour chaque maison selon les dimensions, le type de chauffage, l’orientation et l’emplacement du terrain (pour tenir compte des variations climatiques à la grandeur du Canada). Généralement, les maisons R-2000 consomment environ 30 % moins d’énergie que les maisons comparables qui ne sont pas conformes à cette norme. … ...La norme R-2000 reconnaît l’importance de la conservation des ressources, tant pendant la construction de la maison que plus tard, lorsqu’elle sera habitée. Les maisons R-2000 n’utilisent que des toilettes, des douches et des robinets à faible consommation d’eau. Les constructeurs sont également tenus d’utiliser des matériaux ayant un contenu recyclé. La norme R-2000 est régulièrement mise à jour pour refléter l’évolution constante de la technologie de la construction et l’élaboration de nouveaux matériaux, produits et systèmes. Ainsi, R-2000 se maintient toujours à l’avant-garde de la technologie et les acheteurs de maisons continueront de profiter des plus récents progrès dans le domaine de la construction résidentielle. En encourageant un plus grand nombre de municipalités, de promoteurs et de constructeurs d’habitations à se conformer à la norme R-2000 ou à la dépasser, on favorise la construction de maisons plus écologiques et plus éconergétiques. Ce que les architectes peuvent faire :
Maisons à consommation énergétique nette nulleDéfinition : une maison à consommation énergétique nette nulle transmet au réseau une quantité d’énergie annuelle égale à celle qu’elle achète du réseau. Bien souvent, la consommation totale d’énergie (chauffage, climatisation et électricité de la maison) provient de sources d’énergies renouvelables. Un groupe de constructeurs d’habitations, de promoteurs et d’autres parties intéressées a été formé pour étudier les nouveaux systèmes d’énergie décentralisée pour les maisons canadiennes de l’avenir. Ce groupe nommé Net-Zero Home Coalition lutte contre les changements climatiques et plaide en faveur de la fiabilité de l’approvisionnement en électricité (motivé en bonne partie par la mégapanne de l’été 2003 qui a plongé dans le noir l’Ontario et le Nord-Est des États-Unis et par la préoccupation croissante envers la sécurité). Ce groupe reconnaît qu’il sera possible de dépasser les normes R-2000 et d’améliorer les mesures de conservation de l’énergie et plus important encore, de produire de l’énergie décentralisée à l’échelle résidentielle, principalement par l’utilisation des photovoltaïques, de l’énergie éolienne et d’autres de formes de production d’énergie. La coalition propose l’installation progressive de systèmes d’énergies renouvelables dans la construction d’habitations de manière à ce que d’ici l’année 2030, toutes les nouvelles maisons soient à consommation énergétique nette nulle. De plus, elle propose que le coût des biens et services relatifs à tous les systèmes d’énergies renouvelables soient exonérés de la TPS et de la TVP. Ce que les architectes peuvent faire :
Les municipalités (et autres organismes) doivent faciliter la densificationDans l’allocution qu’il a présentée lorsqu’il a reçu la médaille d’or de l’IRAC, en 2001, Jack Diamond, FRAIC, soulignait qu’il était nécessaire d’accroître la densité des villes canadiennes :
Les architectes continuent d’expliquer l’importance de l’intensification, du transport en commun et d’autres solutions semblables pour nos villes; toutefois, aucun progrès réel n’a été accompli depuis cette allocution. Pour réduire l’étalement (qui s’accompagne de la construction d’un plus grand nombre de rues et d’autoroutes), toutes les municipalités doivent être encouragées à modifier leurs politiques de zonage et d’aménagement du territoire pour permettre des lotissements plus denses, à usages mixtes. De plus, il est crucial que la planification englobe des régions entières pour que soit adoptée une approche intégrée en matière de planification durable. Actuellement, on constate un manque de coopération à l’échelle intergouvernementale et entre les différentes juridictions en ce qui a trait à l’aménagement du territoire. Ce que les architectes peuvent faire :
TransportsLes politiques canadiennes sont depuis trop longtemps influencées par les routes (et autoroutes), c’est-à-dire que la construction et l’amélioration du réseau routier ont toujours servi à attirer les votes. Cette situation ne peut plus durer si nous voulons développer des systèmes de transport durables. Nous devons trouver de nouvelles solutions intégrées et propres, qui permettent de déplacer les marchandises et les personnes par le transport public et les connexions intermodales. Les villes doivent adopter diverses mesures pour réduire notre dépendance aux véhicules alimentés aux combustibles fossiles, par exemple, le covoiturage et la copropriété automobile; l’amélioration et la croissance des systèmes de transport en commun; les pistes cyclables; les nouveaux carburants; de meilleurs systèmes de gestion du mouvement des marchandises et de la chaîne d’approvisionnement; et même le télétravail. Un groupe torontois appelé Moving the Economy a déjà amorcé une recherche, présenté des projets et tenu un forum sur la manière de faire participer activement les gouvernements et les décideurs à « la nouvelle mobilité ou aux produits, services et technologies de transport de nouvelle génération ». Les gouvernements, à tous les niveaux, doivent augmenter considérablement le financement du transport en commun et élaborer des politiques qui soutiennent d’autres moyens de transport, tant pour les biens que pour les personnes. Le gouvernement transmet actuellement des messages polyvalents par ses politiques et priorités de subventions au transport. Les architectes devraient exercer des pressions auprès du gouvernement fédéral pour qu’il cesse de favoriser l’expansion du réseau d’autoroutes et d’élaborer des programmes qui incitent à l’utilisation accrue de l’automobile et pour qu’il oriente plutôt ses politiques de manière à favoriser le transport en commun et d’autres modes de transport (la bicyclette, par exemple). Ce que les architectes peuvent faire :
Sources d’énergies de remplacement et d’énergies renouvelablesDepuis plusieurs années, l’IRAC reçoit une aide considérable de Ressources naturelles Canada (RNCan), notamment :
En outre, Ressources naturelles Canada a remis à l’IRAC un prix d’efficacité énergétique en 2003, pour ses initiatives de perfectionnement professionnel et son apport à la conception de bâtiments écologiques. Les divers programmes de RNCan sont toutefois sujets à des contraintes budgétaires et relèvent de décisions politiques. Pour s’assurer du maintien de ces programmes et de l’augmentation des fonds qui y sont alloués, il est nécessaire de faire pression auprès du gouvernement et de rappeler aux fonctionnaires et aux politiciens à quel point ils sont importants et quel succès ils remportent. Ce que les architectes peuvent faire :
Systèmes d’étiquetage vert pour les produits de construction1De nombreux programmes certifient, vérifient ou décrivent aujourd’hui les qualités environnementales des produits. La prolifération spectaculaire et rapide de programmes qui certifient tout, allant de la salubrité du saumon aux matériaux de construction et aux produits de nettoyage, a entraîné une certaine confusion sur le marché. La US Environmental Protection Agency (EPA) reconnaît trois types fondamentaux d’étiquettes – positives, neutres et négatives – dans son document 742-R-98-009, Environmental Labeling, Issues, Policies and Practices Worldwide. Les étiquettes positives certifient ou décrivent la ou les propriété(s) environnementale(s) positive(s) d’un produit. Les étiquettes neutres fournissent au client des renseignements environnementaux sur un produit, lui permettant ainsi de prendre une décision d’achat ou non, tandis que les étiquettes négatives avertissent les consommateurs de la toxicité d’un produit ou de la nocivité de ses ingrédients. Par ailleurs, l’EPA classifie également les programmes d’étiquetage en programmes obligatoires ou volontaires. Les étiquettes négatives sont généralement obligatoires car elles sont requises par la loi afin d’informer les acheteurs sur les poisons et les matériaux dangereux. Les étiquettes positives ne sont généralement pas obligatoires, mais elles peuvent faire augmenter les ventes lorsqu’il existe des programmes d’achats obligatoires. Par exemple, il n’est pas requis par la loi d’apposer une étiquette à l’effet que le papier ait un contenu recyclé. Toutefois, comme les lignes directrices du gouvernement fédéral exigent un pourcentage de contenu recyclé dans le papier qu’il achète, la présence d’une telle étiquette permettra aux fabricants de vendre leurs produits aux organismes fédéraux. Les normes volontaires de l’organisation internationale de normalisation (ISO) classent les étiquettes en trois types, les types I, II et III, tels que décrits à la section qui suit. Ces classifications pourraient s’apparenter aux types d’étiquettes « positives » et « neutres » de l’EPA. Normes ISOISO a défini des normes ou des projets de normes pour trois types d’étiquettes : type I, type II et type III. ISO a élaboré cette série de normes en se fondant sur « un besoin urgent d’orientation sur la manière dont les normes dans ce domaine devraient être utilisées pour répondre à un besoin donné. » (ISO 14025). Les étiquettes de type I sont les plus courantes dans le marché d’aujourd’hui. Leur apposition requiert la certification par un tiers d’une liste de critères pré-établis. Les critères peuvent porter sur diverses questions environnementales, par exemple sur le contenu recyclé, l’absence de composés organiques volatils ou la biodégradabilité, et ils servent à émettre une étiquette « verte ». L’étiquette ne comprend généralement pas de détails sur les critères évalués ni même la liste des critères. Les étiquettes de type II sont des autodéclarations d’une organisation d’extraction de matériaux, d’un fabricant ou d’un fournisseur. Leur apposition ne requiert aucun examen par un tiers. Les étiquettes de type III sont apposées après l’examen rigoureux de données sur le cycle de vie, un processus de consultation transparent et la comparaison facile de produits. Les étiquettes de type III sont semblables aux étiquettes qui indiquent la valeur nutritive des aliments. Renseignements transmis par Wayne Trusty de Athena Institute Le tableau qui suit classe les programmes d’étiquetage existants par type ISO
Choix
environnemental, Canada
ISO – Type I Le programme Choix environnemental est le programme canadien d’étiquetage de produits écologiques le plus en vue au Canada. Il a été mis en œuvre en 1988 par Environnement Canada, le ministère du gouvernement du Canada responsable des questions environnementales, à titre de programme de certification volontaire. En 1995, le gouvernement a cédé le contrôle et l’administration du programme à TerraChoice Environmental Services Inc., une société canadienne privée. Le gouvernement du Canada conserve les droits de propriétés du programme mais TerraChoice est responsable d’en assurer l’exploitation et la solidité financière. Les critères auxquels doit répondre une catégorie de produits sont élaborés par une note technique dont les données proviennent d’une étude réalisée par TerraChoice, sur la base de critères déterminés pour cette catégorie de produits. Un aspect plutôt inhabituel du programme est qu’il permet aux sociétés de tenter d’obtenir la certification d’un produit même si les critères de certification n’ont pas encore été déterminés pour cette catégorie de produits. En d’autres termes, le programme émet des certificats et des étiquettes suivant l’offre et la demande du marché. Les entreprises paient pour les services reliés aux études nécessaires à la certification et fournissent toutes les données pertinentes. TerraChoice perçoit également des droits pour les services nécessaires au fonctionnement du programme au nom du gouvernement du Canada. Un comité d’examen reçoit les commentaires du public et y répond. De concert avec TerraChoice, il détermine ensuite les projets de lignes directrices qui sont transmis au gouvernement. Les lignes directrices sont publiées après avoir été approuvées par le gouvernement. Le programme comporte les mêmes faiblesses que tous les autres du Type I. Les critères établis pour chaque catégorie de produits varient considérablement et ne mènent pas eux-mêmes à une liste de paramètres pré-établis qui faciliterait l’évaluation quantitative du cycle de vie. Programme
d’approbation Green Seal
ISO – Type I Green Seal a été le premier programme d’étiquetage environnemental largement reconnu aux États-Unis. Le Conseil de Green Seal détermine des critères d’approbation selon des catégories de produits. Le programme a établi des normes et des critères relatifs aux produits. Les normes sont considérées comme étant parmi les plus rigoureuses et comprennent des éléments d’appréciation du cycle de vie, alors que les critères relatifs aux produits sont un examen plutôt superficiel des renseignements sur le produit. Green Seal perçoit des droits pour les services fournis aux entreprises souhaitant obtenir la certification d’un produit. Elle offre également des services aux organismes d’approvisionnement gouvernementaux et reçoit le soutien de fondations. Toute entreprise ou tout groupe peut suggérer une catégorie de produits. Green Seal rédige un rapport après avoir recueilli les données pertinentes aux critères et transmet ce rapport pour examen. Toutes les décisions finales sont prises par le PDG de Green Seal. La force du programme Green Seal repose sur sa réputation et sur la reconnaissance des consommateurs. Les normes de Green Seal sont reconnues par le US Green Building Council, notamment, comme menant à l’obtention de certains crédits du système d’évaluation des bâtiments de LEED® 2.0. Les interrogations suscitées par la rigueur des critères de Green Seal ont nui à la réputation du programme. Green Seal connaît les problèmes fondamentaux associés aux programmes de type I, mais il voit également mise en doute la valeur de ses rapports qui ne reposent pas sur des données liées au cycle de vie. La distinction qu’a établie Green Seal entre divers types de certification visait peut-être à accroître la pénétration du marché mais a plutôt affaibli le programme. Scientific
Certification Systems (SCS)
ISO – Type I, type III SCS est une organisation scientifique privée qui s’est forgée une solide réputation pour la bonne qualité de son travail. Elle est engagée dans une multitude de programmes, notamment :
Le programme de certification des revendications en matière de protection environnementale et le système d’étiquetage du profil écologique ont été regroupés pour exécuter divers services. Les services de certification vont de la validation des revendications sur un produit, fondée sur des critères de vérification établis, à l’évaluation intégrale menant à la certification du profil écologique. Le modèle de profil écologique découle de la « Fiche de rendement environnemental » de la SCS, et vise à évaluer les produits selon des normes établies d’évaluation et d’analyse du cycle de vie. Pour réaliser cette tâche, SCS recourt à la Life-Cycle Stressor-Effects Assessment (LCSEA) (évaluation des agresseurs environnementaux et de leurs effets sur le cycle de vie). La participation à ce programme coûte cher, surtout à cause du coût de la cueillette des données (il peut en coûter jusqu’à 50 000 $ pour obtenir une certification) mais ce programme est le premier vrai programme d’étiquetage de type III en Amérique du Nord. SCS participe à l’élaboration des normes ISO de type III et, dans un effort d’harmonisation avec d’autres programmes, a noué des relations avec des organisations du Chili, de la Finlande, de la Suède, du Japon et de la Corée. L’organisation a collaboré avec ces associations internationales pour produire une version d’un manuel du praticien de LCSEA pour l’étiquetage de type III. SCS est probablement l’organisation scientifique la plus solide en Amérique du Nord dans le domaine de la certification et de l’étiquetage environnementaux. Il est également important de noter sa participation au programme ISO et ses efforts pour harmoniser les programmes conformément à ISO 14025. En plus d’être réputée pour la grande qualité et l’exhaustivité de son travail, SCS l’est également pour le traitement et la communication des informations. La principale faiblesse du programme SCS est peut-être le coût élevé de la collecte des données.
ISO – Type 1 En 1992, la US Environmental Protection Agency (EPA) a instauré un programme d’étiquetage volontaire visant à identifier et à promouvoir les produits éconergétiques qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Les premiers produits à avoir obtenu la certification ont été des ordinateurs et des écrans. Tout au long de l’année 1995, l’EPA a accordé la certification à d’autres produits de bureau et à des équipements de chauffage et de refroidissement résidentiels. En 1996, l’EPA s’est associée au ministère de l’Énergie américain pour la certification de certaines catégories de produits. L’étiquette ENERGY STAR est maintenant apposée sur les principaux appareils électroménagers, le matériel de bureau, les appareils d’éclairage, les appareils électroniques résidentiels, etc. L’EPA a également élargi le programme pour qu’il s’applique aux maisons neuves et aux nouveaux bâtiments commerciaux et industriels. ENERGY STAR est davantage axé sur un produit que sur un système, comme le sont LEED® ou d’autres systèmes d’évaluation de bâtiments écologiques. Ce que les architectes peuvent faire :
Intégration d’un volet santé à LEED® CanadaL’American Institute of Architects (AIA) a récemment commandé une recherche sur les incidences que peut avoir le design sur la santé publique. Les citoyens américains (tout comme les citoyens canadiens) souffrent de plus en plus de maladies chroniques telles que le diabète de type 2, l’ostéoporose et l’obésité. Or, la marche s’avère un traitement très efficace de ces maladies. Malheureusement, nous avons créé des environnements qui n’invitent pas à la marche – que ce soit des bâtiments desservis uniquement par des ascenseurs ou des collectivités où les gens doivent prendre leur voiture pour rendre visite à leurs voisins ou aller acheter du lait. Le programme américain « Active Living by Design » a formé des partenariats avec diverses villes américaines dans l’objectif d’inviter à l’activité physique en privilégiant des lotissements « qui permettent aux personnes de socialiser dans des espaces publics, qui créent des quartiers piétonniers et favorisent les déplacements pédestres pour faire les courses ou aller à l’école. » Le Journal of Architecture de l’AIA proposait récemment d’intégrer un volet santé à LEED® – qui irait au-delà des exigences actuelles en matière de « qualité de l’air intérieur » – et dans le cadre duquel des points seraient alloués pour des éléments de conception qui favorisent la marche, comme des escaliers visibles et invitants et des circuits pédestres. Ce que les architectes peuvent faire :
Gestion des déchets de constructionD’aucuns prétendent que l’industrie de la construction génère de 20 à 30 % des déchets totaux. La plupart des programmes d’évaluation des bâtiments écologiques, y compris LEED®, accordent suffisamment d’importance à cette question pour en faire un sujet d’évaluation. Les architectes peuvent cependant jouer un rôle important au regard de la diminution des déchets de construction, en adoptant de meilleures pratiques lors de la conception, de la rédaction du devis et de la construction d’un projet. L’adoption de stratégies et de pratiques de saine gestion des déchets peut se traduire par nombre d’avantages financiers :
Elle peut également amener nombre d’avantages environnementaux, y compris :
Dans son guide sur les ressources environnementales intitulé Environmental Resource Guide, l'American Institute of Architects donne des exemples concrets des avantages du détournement des déchets et précise que chaque livre d'acier produit à partir d'acier recyclé, plutôt qu'à partir de matériaux bruts, permet une conservation d'énergie de 5,7 MJ (5450 BTU). Dans le même ordre d’idée, l’utilisation de mitrailles d’acier permet une réduction de la consommation d’huile de 47 %, une réduction des émissions atmosphériques de 86 %, une réduction des contaminants d’eau de 76 %, une réduction de la consommation d’eau de 40 % et une réduction des déchets miniers de 97 %. L’IRAC a récemment publié un numéro de la série Bâtisseurs d’entreprises, intitulé Gestion des déchets de construction et de démolition. Ce que les architectes peuvent faire :
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