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Institut de technologie de la vallée Nicola
Merritt, C.-B.
Busby + Associates Architects
(Vancouver, C.-B.)
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Ce nouvel établissement d’enseignement post-secondaire est situé sur une pente boisée exposée au sud, en périphérie de Merritt, une ville de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Il abrite l’Institut de technologie de la vallée Nicola, établissement autochtone, et le collège universitaire de Cariboo, établissement non autochtone. Il constitue la première phase de la construction d’un campus universitaire de 43 acres.
Pendant des siècles, des Autochtones de cinq bandes locales ont habité la région. L’équipe de conception, qui comprenait un architecte autochtone, a consulté longuement les aînés et a voulu répondre aux besoins d’un établissement d’enseignement moderne tout en tenant compte des caractéristiques significatives de l’emplacement et du patrimoine et de la culture des étudiants autochtones. C’est pourquoi le bâtiment est orienté vers les points cardinaux et son entrée principale fait face à l’est et au soleil levant. Le plan d’ensemble curviligne s’articule autour d’une tonnelle rituelle appelée à être le point central d’un cercle qui sera complété au cours d’une phase ultérieure. En raison de la pente du terrain, le bâtiment est enfoui à son extrémité nord et compte trois étages à son extrémité sud.
L’Institut accueille 300 étudiants et comprend des salles de classe, des bureaux, des espaces pour les activités sociales, des laboratoires, une librairie, une cafétéria et une bibliothèque. Les locaux ne sont pas hiérarchisés et s’ordonnent le long d’une rue intérieure où les bureaux du personnel enseignant sont adjacents aux salles de classe. À l’entrée, un atrium s’élève sur deux étages vers un lanterneau muni de fenêtres ouvrables permettant d’assurer une ventilation naturelle. Un foyer y marque le centre du bâtiment et est l’élément principal du salon étudiant.
La vallée Nicola connaît des étés chauds et secs et des hivers modérément froids. L’Institut a été conçu en tant que bâtiment durable dans un climat froid. Ses concepteurs ont tiré parti des principes environnementaux de deux formes d’abris traditionnellement construits dans cette région, à savoir : le tipi, une structure simple qui assure une ventilation efficace et favorise le refroidissement par convection pendant les mois d’été; et la maison semi-souterraine, une structure enfouie exposée au sud qui réduit au minimum la perte de chaleur au cours des mois d’hiver. Il existe d’ailleurs encore des vestiges de plusieurs maisons enfouies sur le terrain de l’Institut. Les auteurs du projet ont eu recours à des techniques de modélisation énergétique de pointe pour concevoir un système de contrôle de l’environnement complètement intégré utilisant des systèmes de régulation élaborés pour optimiser le rendement énergétique. La conception du plan d’ensemble, le processus de construction, le choix des matériaux et le choix des systèmes de conservation de l’eau et de l’énergie ont été guidés par des considérations environnementales.
La structure et les matériaux utilisés dans le bâtiment sont simples et efficaces. Le bois est utilisé de façon restreinte pour faire ressortir ses qualités structurales et visuelles, et a été intégré au béton de manière innovatrice. Deux cent cinquante-six colonnes en lamellé-collé de sapin de Douglas soutiennent les dalles de plancher en béton, des chapiteaux et des bases en acier moulé assurant le transfert des charges. Les colonnes ont été installées une fois la cure des dalles et leur décoffrage terminés. Le corps principal du bâtiment est enveloppé d’un mur à écran pare-pluie à ossature de bois en panneaux modulaires, revêtu de planches horizontales de cèdre jaune de l’Alaska, un bois durable qui possède naturellement son propre agent de conservation. Les fenêtres oscillo-battantes du mur extérieur sont munies de persiennes en bois ajustables de quatre motifs différents, qui peuvent être inclinées selon l’orientation solaire. Pour ralentir le ruissellement pluvial, une partie de la toiture est recouverte de terre où pousse le kinickinnic, un arbuste indigène qui n’a pas besoin d’être irrigué après sa deuxième saison. Les murs du bâtiment n’ont pas été traités et prendront en vieillissant une couleur gris argenté qui se fondra dans le paysage et la végétation.
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Commentaires
du jury :
L’architecture de ce projet contribue à assurer le caractère collectif de l’Institut en définissant l’espace de rassemblement central à l’échelle du paysage. La géométrie circulaire est traitée avec délicatesse pour réduire ses propriétés dominantes tout en retenant ses qualités enveloppantes. Le bâtiment offre divers lieux de rencontres, répartis de manière à éviter toute hiérarchie sociale et institutionnelle non désirée.
Brit Andresen,
(Australie)
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Ce projet rend hommage aux racines culturelles et aux principes philosophiques des communautés des Premières nations sans recourir au pastiche. Il vise la durabilité en utilisant un éventail ingénieux de concepts « verts » faisant appel tant à la technologie de pointe qu’à des procédés de construction très simples. Dans sa technologie et sa composition, cette construction « vernaculaire moderne » exprime la simplicité et l’assurance, car elle a su intégrer des matériaux locaux et tenir compte de son micro-climat.
Daniel Pearl,
(Québec)
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