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Gare d’aérotrain Brentwood
Burnaby, C.-B.
Busby + Associates Architects (Vancouver, C.-B.)
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Cette gare de l’aérotrain occupe un emplacement névralgique sur la nouvelle ligne du Millénaire à Burnaby, une banlieue de Vancouver. Située à neuf mètres au‑dessus de la bande médiane de l’autoroute Lougheed, elle chevauche un pont piétonnier. On espère qu’elle servira de catalyseur au développement du futur centre-ville de Brentwood.
L’attention portée aux priorités établies lors d’une vaste consultation publique, à savoir l’accessibilité, la sécurité, le confort et l’apparence, incite la population à recourir davantage au transport en commun. Le concept comprend des espaces ouverts offrant une bonne visibilité et de grands toits qui protègent les quais de la pluie et du vent. Avec son vitrage abondant, la station est transparente de jour et brille dans la nuit. Le programme fonctionnel de la gare est axé sur la taille des trains et le volume de passagers. Le concept prévoit également certains éléments d’infrastructure, tels que l’éclairage, la signalisation, les escaliers roulants et les ascenseurs. La volonté d’assurer une présence communautaire tangible s’est traduite par l’utilisation d’une structure en bois massif, un précédent pour ce type de bâtiment en Amérique du Nord. Il a d’ailleurs fallu démontrer que ce matériau pouvait être considéré comme équivalent à des matériaux non inflammables en ce qui concerne les exigences du Code du bâtiment.
La coquille à double courbure des toits des quais est soutenue par une série de poutres composites cintrées formant des nervures distantes de cinq mètres. Les poutres ont été coupées en neuf longueurs différentes pour permettre de créer le profil caractéristique du toit, effilé tant en plan qu’en coupe. La partie supérieure de ces poutres (au toit) est composée de bois lamellé-collé. Leur partie inférieure (au niveau des murs) est en acier. Les deux toits sont liés par une gouttière structurale, un contreventement croisé en acier, et des jambes de force en V qui forment un système de cadres rigides et transfèrent les charges latérales à travers l’espace central. Les murs extérieurs sont composés de panneaux de verre qui se chevauchent et qui protègent des intempéries et assurent une ventilation et un éclairage naturels, une bonne visibilité et un environnement sécuritaire pour les usagers de l’aérotrain.
Les concepteurs ont utilisé l’acier dans les endroits exposés et le bois là où il pouvait être protégé contre l’eau, le feu et le vandalisme. Ils ont choisi le laminé-collé pour les poutres structurales en raison de sa force, son rendement prévisible et son utilisation économique de la fibre de bois. Par contraste, la technique utilisée pour le pontage des toitures est très simple : des pièces de bois tendre de 38 mm x 89 mm, provenant de la région ou récupérées, sont accolées l’une à l’autre – un système suffisamment flexible pour épouser la double courbe. Les quais, le pont de la mezzanine et la structure de support ont tous été coulés sur place avec du béton contenant 50 % de cendres volantes. Même si le temps supplémentaire requis pour la cure d’un tel béton a nécessité l’ajout de coffrages additionnels pour pouvoir respecter l’échéancier de construction prévu, les avantages qu’on en tire sur le plan environnemental justifient la légère augmentation de coût.
L’équipe de conception a eu recours à la modélisation en 3-D, ce qui lui a permis de comparer diverses solutions et de retenir des solutions économiques. Cette modélisation a notamment démontré que toutes les poutres cintrées pouvaient avoir la même courbure dans leur partie inférieure et donc être fabriquées avec le même gabarit, et qu’il était possible d’utiliser sur 70 % de la surface courbée un système de vitrage standard avec des agrafes pivotantes et des panneaux plats.
Les projets d’infrastructure dans le transport en commun sont d’une importance capitale vis à vis du plan d’action pour l’environnement. Ces projets visent à réduire les émissions de carbone générées par les automobiles et à réduire l’étalement urbain en favorisant la densification. Cette gare s’inscrit dans la foulée des objectifs environnementaux à long terme et utilise des matériaux et des composantes à faible énergie intrinsèque.
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Commentaires
du jury :
Ce bâtiment évolue entre la légèreté du mouvement et la solidité d’un diaphragme structurellement ancré. La courbure des toits exprime une élégance tectonique dans laquelle l’acier et le bois sont exploités pour leurs forces intrinsèques, alors que la gravité, le vent et les charges sismiques sont exprimés dans les détails. Par ailleurs, le projet illustre bien le travail d’équipe requis pour marier la forme architecturale, le génie et les principes de construction durable.
Daniel Pearl,
(Quebec)
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Ce projet tempère une vision fondamentalement technologique de l’architecture par l’utilisation de matériaux régionaux et par une sensibilité artisanale. Une grande attention a été portée à tous les détails de cette station à l’élégance sculpturale, haussant ainsi la norme pour les projets d’infrastructures publiques au Canada.
Stephen Teeple, FRAIC,
(Ontario)
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